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Jacques Villéglé : des affiches lacérées à l’alphabet socio-politique

17 Fév 2017, Posté par morgane beauverger dans Art, Blog, Design graphique, Inspiration

Cette semaine, LC design a décidé de s’arrêter sur l’artiste français Jacques Villeglé. En effet, cela fait déjà quelque temps que l’équipe de l’agence souhaitait rédiger un billet de blog sur ce plasticien et peintre majeur de l’art contemporain. Si vous ne connaissez pas encore son œuvre, LC design lève le voile sur cet art graphique obsédant.

Fin des années 40, Jacques Villeglé s’empare d’un matériau qu’il récupère au fil de ses promenades urbaines : les affiches lacérées. Il prélève celles qui l’intéressent d’un point de vue esthétique. Son intervention se bornant à un cadrage, c’est-à-dire un découpage dans l’affiche arrachée, celui-ci pouvant prendre différents formats.

Parfois, il recompose une affiche à partir de différents morceaux.

Selon lui, le véritable artiste est le « lacérateur anonyme », c’est pour cette raison que Villeglé titre ses œuvres du lieu et de la date du prélèvement de l’affiche. Il y ajoute parfois le nom des personnes pouvant être représentées sur l’affiche.

De même, il ne signe que les œuvres qu’il vend.

La renommée internationale

Au début des années 60, Jacques Villeglé crée une affiche lacérée aux couleurs éclatantes « Carrefour Sèvres / Montparnasse ». Cette œuvre repérée par les Américains va permettre à Villeglé d’obtenir l’étiquette de précurseur du Pop Art.

Néanmoins, il se distingue des Andy Warhol ou Roy Lichtenstein par l’importance accordée à la dimension formelle et aux qualités plastiques de l’affiche plutôt aux slogans et aux marques.

Pour Jacques Villeglé , « un artiste se doit d’apporter une nouvelle beauté ».
« L’affiche, émanation de la propagande des pouvoirs politiques et financiers, c’est par les couleurs qui débordent des déchirures qu’elle devient fleur de la vie contemporaine, affirmation d’optimisme et de gaieté ».

L’alphabet socio-politique

Jacques Villeglé à travers son goût pour les affiches, révèle un intérêt fort pour la typographie, la recherche graphique et la poésie. A la fin des années 60, Il imagine un alphabet socio-politique qu’il débute suite au repérage d’un graffiti sur un mur de métro : Le nom de Nixon y est composé de la lettre N avec trois flèches qui renvoient à l’ancien parti socialiste, le I rappelle la croix de Lorraine, le X est une croix gammée et le O est un cercle enfermant une croix celtique.

Cette écriture l’interpelle et les lettres de son alphabet sont transformées par des signes porteurs le plus souvent de sens totalitaire ou autoritaire.

« La rue a toujours été mon atelier, bien avant que les street-artistes soient apparus. Ils sont venus vers moi il y a trente ans, et je les fréquente, car ils proposent quelque chose de ludique, d’anarchiste, qui plait aux artistes comme moi. Comme eux, j’ai toujours voulu garder mon indépendance. Une indépendance totale. »

Depuis les années 50, l’œuvre de Jacques Villeglé a fait l’objet de plus d’une centaine d’expositions et rétrospectives.

Liens :

http://tinyurl.com/jmarlf5

https://fr.pinterest.com/lcdesignpin/jacques-villeglé/

 

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